Les crises des « terrible twos » désignent une phase, généralement autour des deux ans, où les tout-petits traversent une période d’opposition et d’affirmation de soi. Ce terme, qui signifie littéralement les « terribles deux ans », décrit les changements soudains de comportement de l’enfant, marqués par des accès de colère, des refus fréquents et une forte volonté d’autonomie. Cette phase peut être éprouvante pour les parents, car elle se manifeste souvent par des crises intenses lorsque l’enfant cherche à tester ses limites et à explorer son indépendance. Cependant, bien que délicate, cette période est cruciale pour le développement émotionnel et social de l’enfant, car elle lui permet d’apprendre à exprimer ses envies, ses besoins et ses émotions.
Afin de traverser cette étape avec douceur et bienveillance, voici des techniques qui vous aideront à accompagner votre enfant tout en maintenant un climat serein à la maison.
1. Garder son calme et être un modèle de sérénité
Face aux crises émotionnelles de votre tout-petit, la meilleure réponse est souvent le calme et la stabilité. Les enfants absorbent beaucoup de leur environnement émotionnel et tendent à imiter les réactions des adultes autour d’eux.
Ainsi, rester serein non seulement apaise la situation, mais offre aussi un modèle de gestion émotionnelle que votre enfant intègrera progressivement.
Même si le comportement de votre enfant vous épuise ou vous frustre, prenez un moment pour vous rappeler que votre réaction influence directement la façon dont il apprendra à gérer ses propres émotions.
Pour vous aider à rester calme, respirez profondément en vous concentrant sur l’instant présent. Si l’émotion devient trop intense, n’hésitez pas à vous accorder quelques secondes de recul. Parfois, s’éloigner brièvement — même pour respirer calmement ou compter jusqu’à dix — peut vous permettre de revenir plus sereinement et d’aborder la situation avec une attitude apaisante. En montrant que vous pouvez gérer vos propres émotions, vous donnez à votre enfant un exemple fort, qui lui prouve que les sentiments peuvent être vécus sans perdre le contrôle.
Astuce pratique :
Utilisez un ton de voix doux et rassurant pour dire à votre enfant que vous êtes là pour l’aider et que ses émotions sont acceptées. Vous pouvez lui dire quelque chose comme : « Je suis là pour toi, même si tu es en colère ou triste. »
Ces mots lui montrent qu’il peut compter sur vous pour le soutenir, même s’il ne comprend pas encore bien ce qu’il ressent.
2. Reconnaître les émotions de l’enfant
Les tout-petits traversent une période de découvertes intenses, où chaque nouvelle situation peut engendrer des émotions fortes qu’ils peinent à exprimer verbalement.
À cet âge, ils ne possèdent pas encore le vocabulaire ni la compréhension pour décrire ce qu’ils ressentent, ce qui rend la frustration et la colère plus fréquentes. En tant que parent, reconnaître et verbaliser leurs émotions joue un rôle crucial dans leur développement émotionnel.
Dire des phrases comme « Je vois que tu es en colère » ou « Ça te rend triste » aide votre enfant à associer des mots à ses sensations intérieures.
Cela lui donne non seulement le sentiment d’être compris, mais lui offre également les bases nécessaires pour exprimer ses sentiments à l’avenir.
Mettre des mots sur les émotions permet également de calmer l’enfant plus rapidement, car il se sent validé et entendu. Il comprend alors que ses émotions, même intenses, sont acceptées, et cela l’apaise souvent.
Au fil du temps, cette reconnaissance constante de ses émotions lui apprend à identifier ce qu’il ressent et lui donne des outils pour gérer ses frustrations.
Astuce pratique :
Utilisez des phrases courtes et simples, en les répétant si nécessaire.
Par exemple, vous pourriez dire : « Je vois que tu es frustré parce que tu ne peux pas avoir ce jouet maintenant. » La répétition de ces mots crée une cohérence dans sa compréhension des émotions et l’aide à s’apaiser.
3. Donner des choix limités pour favoriser l’autonomie
Les crises de colère des tout-petits sont souvent une manière de revendiquer leur besoin d’autonomie et d’affirmer leur individualité. À cet âge, les enfants découvrent qu’ils ont des préférences et des envies personnelles, et ils souhaitent les exprimer.
En leur donnant des choix limités, vous leur permettez de se sentir en contrôle d’une petite partie de leur quotidien, sans pour autant les submerger d’options.
Ce sentiment de pouvoir de décision réduit leur frustration et atténue les comportements de résistance, car ils sentent que leurs opinions sont respectées.
Lorsque vous proposez des options simples, comme « Tu préfères le pantalon bleu ou le rouge ? », vous canalisez leur besoin d’indépendance tout en gardant le contrôle des grandes lignes.
En offrant des choix à portée de main et adaptés à leur âge, vous les aidez à développer leur confiance en eux, à prendre des décisions, et à ressentir un sentiment d’accomplissement.
Astuce pratique :
Limitez les choix à deux ou trois pour éviter que votre enfant ne se sente dépassé. Trop d’options peuvent provoquer l’effet inverse et le plonger dans une nouvelle crise d’indécision.
Offrir des choix restreints aide votre enfant à faire des choix sans se sentir pressé ou confus, et renforce progressivement son sens de l’autonomie.
4. Distraire pour détourner l’attention
Les tout-petits ont une capacité d’attention encore limitée, ce qui peut jouer en votre faveur lorsque vous sentez qu’une crise se prépare. Souvent, une simple distraction peut interrompre l’escalade de frustration et recentrer leur attention sur quelque chose de plus positif.
Proposer une nouvelle activité, montrer un jouet ou changer de sujet permet de détourner leur esprit de la situation qui génère de la frustration.
La curiosité naturelle des enfants de cet âge les rend particulièrement réceptifs aux nouvelles stimulations, qu’il s’agisse d’un objet inhabituel, d’un livre coloré ou d’une chanson entraînante.
Cette technique de redirection aide non seulement à calmer l’enfant, mais elle lui offre aussi un moyen de gérer ses émotions sans confrontation directe. La distraction devient alors une manière douce et efficace de réorienter son attention, tout en évitant l’affrontement.
Astuce pratique :
Gardez à portée de main quelques objets de « distraction » qui captent facilement son intérêt, comme un livre d’images, une peluche, ou une petite activité tactile.
La nouveauté retient souvent son attention instantanément, lui offrant un changement de focus qui peut prévenir ou désamorcer la crise.
5. Offrir un espace de calme
Créer un espace de calme pour votre tout-petit peut être extrêmement bénéfique lors des moments de grande émotion.
Il s’agit d’un lieu dédié où il peut se retirer et retrouver son équilibre lorsqu’il se sent dépassé. Cet espace peut être un petit coin de la maison aménagé avec des coussins, une couverture douce, et des objets apaisants comme des peluches ou des livres.
En lui offrant ce lieu sécurisant, vous lui permettez de comprendre que prendre du temps pour soi est une réponse saine aux émotions intenses.
Invitez-le à utiliser cet espace de calme non pas comme une punition, mais comme un endroit où il peut se sentir en sécurité et se recentrer.
En lui expliquant que cet espace est dédié au repos et à la tranquillité, il apprend qu’il peut gérer ses émotions en choisissant un moment de calme.
Avec le temps, il pourrait même se diriger vers cet endroit de lui-même lorsqu’il sent monter la frustration ou la fatigue, intégrant ainsi progressivement des habitudes de gestion émotionnelle.
Astuce pratique :
Aménagez cet espace avec des objets réconfortants, comme une couverture douce, une peluche préférée ou un livre d’images.
Plus cet espace est agréable et familier, plus votre enfant s’y sentira en sécurité et pourra y trouver du réconfort en douceur, l’aidant à se détendre progressivement et à reprendre son calme.